
Les personnes les plus occupées de votre entreprise : des défis bien-être adaptés aux parents qui travaillent
Chaque programme de bien-être perd discrètement un groupe, et dans la plupart des entreprises, ce groupe, ce sont les parents qui travaillent. Pas parce que les parents se désintéressent de leur santé – demandez à n’importe quel parent d’un tout-petit ce qu’il donnerait pour une seule nuit de sommeil sans interruption –, mais parce que la conception habituelle des défis suppose une chose que les parents n’ont pas : un créneau libre dans la journée. La course collective de 18 h tombe pendant la sortie d’école. Le cours de midi occupe la seule demi-heure libre qui aurait pu servir à appeler le pédiatre. La randonnée du week-end coïncide avec l’anniversaire, le match de foot et les courses qui font tourner toute la maisonnée.
Alors les parents lisent l’annonce du défi, font le calcul en quatre secondes environ et ne s’inscrivent pas. Ils se plaignent rarement. Ils ne participent simplement pas, et les données de participation du programme présentent un trou exactement là où se trouvent les personnes qui ont le plus besoin de récupération, de mouvement et d’un moment à elles. La bonne nouvelle, c’est que la solution est surtout une question de conception, et qu’il existe un bon moment dans l’année pour la mettre en place – nous y viendrons.
Table des matières
Une journée sans créneau libre
Commencez par prendre la journée d’un parent au sérieux comme contrainte de conception. Un foyer typique où les deux parents travaillent, avec des enfants scolarisés, fonctionne selon un planning à la tolérance d’une compagnie aérienne : réveil, petit-déjeuner, habillage, préparation des goûters, trajet de l’école, travail, sortie d’école ou logistique périscolaire, dîner, devoirs, bain, négociations du coucher, puis un reste de soirée où il faut choisir entre le linge, la boîte mail, le ou la partenaire et l’inconscience. Il n’y a dans cette journée aucun créneau intitulé « bien-être ». Il n’y a d’ailleurs aucun créneau intitulé quoi que ce soit. Tout défi qui exige un nouveau bloc de temps demande au parent de prendre ce temps quelque part – et il n’y a pas de quelque part.
C’est pourquoi les conseils bien-être bien intentionnés glissent si systématiquement sur les parents. « Prends juste trente minutes pour toi » n’est pas un conseil, c’est un calcul qui ne tombe pas juste. La réponse de conception n’est pas de dégager du temps nouveau, mais d’attacher le bien-être au temps qui existe déjà. Les spécialistes du comportement appellent cela l’empilement d’habitudes.
Regardez de nouveau la journée d’un parent, en comptant cette fois le mouvement plutôt que les minutes. L’aller-retour à l’école – deux fois, puisqu’il y a aussi la sortie – représente quelques milliers de pas. L’heure au parc, ce sont des squats, des fentes, des sprints derrière une trottinette en fuite et un enfant hissé pour la quarantième fois sur les barres. Porter un enfant de quatre ans endormi dans l’escalier, c’est un port de charge qui vaudrait un hochement de tête approbateur dans n’importe quelle salle de sport. Faire du vélo avec les enfants le samedi, c’est du vélo. Tout cela compte, et presque tout est invisible pour les programmes construits sur l’idée que le sport est un événement à part, planifié et sans enfants.
Le changement de regard à adopter – pour les RH comme pour les parents eux-mêmes –, c’est que le mouvement en famille n’est pas un bien-être au rabais. C’est un bien-être doublé. Le parent qui fait le trajet de l’école à pied plutôt qu’en voiture gagne les pas, et l’enfant gagne l’habitude, l’air frais et dix minutes de conversation tranquille que le trajet en voiture n’offre jamais. Un défi qui compte la marche jusqu’à l’école n’abaisse pas la barre. Il mesure le comportement qui améliore réellement la santé, tout en posant discrètement les bases de la génération suivante.
Le problème de la culpabilité
Il existe une deuxième raison, moins évoquée, pour laquelle les parents évitent les défis bien-être, et elle n’a rien de logistique : c’est la culpabilité. Pour un parent, le « temps pour soi » n’est jamais gratuit : c’est du temps que quelqu’un d’autre assure. La course de 18 h signifie que le ou la partenaire gère seul le dîner, qu’un grand-parent traverse la ville, ou que les enfants passent une heure de plus devant un écran. Chaque activité bien-être présentée comme une échappée de la vie de famille a un prix, payé par la famille, et la plupart des parents, la plupart du temps, le jugent trop élevé. Les programmes qui misent sur le discours « fais-toi plaisir » – tu le mérites, prends du temps pour toi – font involontairement grimper ce prix, car l’activité devient un caprice qu’il faut justifier.
La solution, c’est le même changement de regard, vu de l’autre côté. Les activités qui incluent les enfants n’entraînent aucune culpabilité. Personne ne se sent égoïste lors d’une balade à vélo en famille, d’une marche jusqu’à l’école ou de vingt minutes à courir après un ballon dans le jardin. Si la conception de votre défi récompense ces moments, vous n’avez pas seulement levé un obstacle d’agenda : vous avez levé l’obstacle émotionnel, qui pour beaucoup de parents était le plus haut des deux.
Des principes de conception qui incluent les parents
Quelques principes en découlent, et ils méritent d’être appliqués à chacun de vos défis, car un programme qui fonctionne pour les personnes les plus pressées de l’entreprise fonctionne pour tout le monde.
Premièrement, intégrez l’indulgence dans la structure. Le mois d’un parent contient toujours la semaine de l’otite, la semaine du spectacle de l’école, la semaine où tout déraille. Un défi qui exige trente jours parfaits s’arrête pour ce parent au sixième jour, et il ne participera pas au suivant. Un objectif de régularité (atteindre son objectif quotidien, par exemple, quinze ou vingt jours sur trente) indique d’emblée aux participants que les mois imparfaits comptent aussi. Ce seul choix de conception fait plus pour la participation des parents que n’importe quelle communication encourageante, car il épouse la forme réelle de leur vie. Quinze jours d’une vraie habitude dans un mois chaotique, ce n’est pas une exigence revue à la baisse, c’est un triomphe, et la structure devrait le dire. (Pour comprendre pourquoi cela fonctionne, lisez la psychologie des séries.)
Deuxièmement, ne planifiez jamais rien à heure fixe. Les événements à horaire fixe – courses collectives, cours en direct, tout ce qui se passe à midi – excluent ceux qui ne peuvent pas être là à ce moment-là, et les parents ne le peuvent presque jamais. Les défis où le comportement compte quel que soit le moment et quels que soient les fragments dans lesquels il a lieu sont le seul format adapté à une journée morcelée. Dix minutes de mouvement à 6 h 40, la marche jusqu’à l’école à 8 h 15, le parc à 17 h 30 : la journée s’additionne même si aucun bloc ne ressemble à une séance de sport.
Troisièmement, maintenez le coût de participation proche de zéro. Les parents accorderont à un défi l’attention qu’ils accordent à la plupart des choses extérieures à la famille : environ quatre-vingt-dix secondes. Le suivi automatique via le téléphone dans la poche gère les pas et la distance sans aucune action. Et pour le reste, la saisie manuelle est la meilleure amie des parents – car la montre connectée, c’est justement l’objet qui n’a jamais été rechargé, posé sur la table de nuit à côté du livre de bibliothèque jamais rendu. Un défi qui permet d’enregistrer de mémoire la promenade en famille d’hier ou la nuit de sommeil, en dix secondes pendant que les pâtes cuisent, évite que les semaines où tout déraille deviennent des semaines d’abandon.
Des formats qui marchent en pratique
Quelques formes concrètes, qui découlent toutes des principes ci-dessus. Le défi de pas du trajet de l’école : un défi de pas ordinaire, mais présenté dans la communication de lancement autour de la marche jusqu’à l’école – les pas comptent quel que soit le moment, le message dit simplement aux parents que leur routine actuelle est déjà une participation. Ce cadrage ne coûte rien et fait toute la différence entre « encore un défi que je ne peux pas faire » et « attendez, je le fais déjà ». L’invitation photo en famille du week-end : utilisez le chat du défi pour inviter à partager des photos de mouvement avec les enfants – la balade à vélo, l’expédition dans les feuilles mortes, la promenade à sauter dans les flaques. Les parents qui ne publieraient jamais un selfie à la salle publieront le tas de feuilles, et le chat se remplit d’une version de la culture d’entreprise dans laquelle les parents se reconnaissent vraiment. Le mois de la régularité : n’importe quelle habitude quotidienne – eau, sommeil, temps en plein air, dix minutes de mouvement – avec un objectif généreux en nombre de jours par mois, lancée lors d’une remise à zéro des routines et présentée explicitement comme « à l’épreuve des parents ».
Et un dernier, facile à oublier : le défi privé comme couche propre aux parents. Un parent peut créer un petit défi privé pour 10 personnes maximum – sa famille ou quelques autres parents du bureau –, avec l’objectif qui correspond à sa vraie vie, en parallèle de ce que l’entreprise organise. Parfois, le classement de toute l’entreprise n’a tout simplement pas la bonne taille pour quelqu’un dont la victoire du mois consiste à aller à l’école à pied cinq fois par semaine, et un défi créé entre personnes soumises aux mêmes contraintes est le bon. Notre guide du défi sportif en famille explique comment en créer un.
Quand lancer : profiter de la remise à zéro des routines
La rentrée scolaire est le seul moment de l’année où toutes les routines des parents sont démolies et reconstruites en même temps. Nouvelles heures de lever, nouveaux trajets, nouvelle logistique de sortie d’école : tout l’emploi du temps familial est comme du ciment frais pendant environ trois semaines. La recherche sur les habitudes plaide pour exploiter cette fenêtre. Dans une expérience de terrain menée par des chercheurs de l’Université de Bath, une intervention visant à modifier des comportements quotidiens a mieux fonctionné chez les personnes ayant déménagé au cours des trois mois précédents que chez celles aux routines bien établies, car une routine bouleversée laisse les anciennes habitudes ouvertes au changement. Un ancrage bien-être introduit pendant que le ciment est frais (la marche jusqu’à l’école, les dix minutes après la dépose, le coucher plus tôt que l’année scolaire impose de toute façon) s’intègre à la routine et sera toujours là en novembre. Le même ancrage introduit un mois plus tard se heurte à un emploi du temps déjà durci. Si vous avez manqué septembre, les prochaines remises à zéro sont le retour des vacances d’hiver en janvier et le passage au rythme d’été, et l’effet nouveau départ joue en votre faveur à chaque fois.
Un mot pour finir à l’attention des RH. Les parents ne vous diront pas que le programme les exclut. C’est le groupe le moins enclin à se plaindre et le plus susceptible de simplement ne pas apparaître dans vos données de participation : ils n’ont pas d’énergie à consacrer aux retours, et une vie entière d’entraînement à absorber en silence des choses qui n’ont pas été conçues pour eux. N’attendez donc pas la plainte. Regardez qui participe à vos défis, repérez le trou et repensez vos défis pour les personnes les plus occupées de l’entreprise. Vous verrez alors la participation progresser précisément dans le groupe que vous perdiez en silence – et souvent aussi quelque chose de plus difficile à mesurer : le sentiment, chez les parents, que l’entreprise voit leur vie réelle.
Des défis adaptés aux parents avec YuMuuv
Les briques se transposent facilement dans YuMuuv. Les pas et la distance se synchronisent automatiquement depuis le téléphone, sans objet connecté ni discipline de recharge. Le sommeil, la consommation d’eau, le temps en plein air et d’autres habitudes compatibles avec la vie de famille sont des activités à saisie manuelle dans la liste des activités des défis, enregistrées en quelques secondes avec le bouton +Diary. Lors de la création d’un défi, choisissez un objectif quotidien et indiquez dans votre message de lancement que la ligne d’arrivée est de quinze ou vingt jours sur trente ; le chat du défi accueille les photos de famille du week-end, et les défis privés offrent aux parents leur propre couche à la taille de la famille. Rien de tout cela n’allonge la journée d’un parent. Cela garantit simplement que le bien-être qu’il vit déjà compte enfin.
Pour d’autres idées au-delà de la salle de sport, découvrez nos défis bien-être hors sport et pourquoi le sommeil a sa place dans votre programme bien-être.
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