Employés d'entrepôt pendant leur poste, une main-d'œuvre sans bureau

Bien-être des salariés sans bureau : concevoir pour ceux qui travaillent debout

Imaginez le programme de bien-être d'entreprise type. Du yoga à l'heure du déjeuner dans la salle de réunion du troisième étage. Un rappel sur votre ordinateur portable pour vous lever et vous étirer. Un bureau debout subventionné. Un défi de pas pour faire bouger tout le monde. Regardez maintenant ce programme avec les yeux d'un préparateur de commandes qui marche onze miles (près de 18 km) par poste, d'une infirmière qui ne s'est pas assise depuis sept heures du matin ou d'un livreur dont la pause déjeuner est un créneau d'un quart d'heure sur un parking, à deux cents miles (environ 320 km) de la première salle de réunion.

Pour eux, ce programme n'est pas seulement hors sujet. Il est discrètement vexant. Il dit à une personne debout dix heures par jour que la grande idée santé de l'entreprise, c'est de bouger davantage, et il fait passer ce message par des canaux (e-mail professionnel, portails sur ordinateur, événements de midi au siège) auxquels elle n'a pas accès, même si elle le voulait. Le bien-être en entreprise a un problème de conception : il a été pensé par des employés de bureau, pour des employés de bureau, puis étendu à tous les autres après coup.

C'est plus important que ne le pensent la plupart des équipes RH, car les employés de bureau sont minoritaires. La majorité des travailleurs dans le monde n'ont pas de bureau : selon les estimations d'Emergence Capital, environ 2,7 milliards de personnes, soit près de 80 % de la main-d'œuvre mondiale, réparties dans l'industrie, la logistique, le commerce de détail, la santé, le BTP, l'hôtellerie-restauration et les services sur le terrain. Rien qu'aux États-Unis, ce sont des dizaines de millions de personnes dans des entrepôts, dans des ateliers, au volant et au chevet des patients. Elles subissent davantage de contraintes physiques, ont un sommeil plus perturbé et maîtrisent moins leurs horaires que leurs collègues de bureau : elles sont donc à la fois la population qui a le plus besoin d'un soutien en matière de bien-être et celle que les programmes classiques servent le moins bien. Si votre entreprise compte des équipes de terrain et que vos taux de participation penchent fortement du côté du siège, voilà pourquoi.

Inversez la logique du bureau

Le postulat de base du bien-être au bureau, c'est que la journée de travail est sédentaire et que la solution est le mouvement. Pour les salariés sans bureau, la journée de travail est du mouvement (souvent répétitif, en charge, physiquement exigeant), et ce qui aide vraiment, c'est la récupération.

Pensez à ce qu'un travail physiquement exigeant prend à une personne. Ce ne sont pas des pas qui lui manquent. Il lui prend du sommeil, parce que les postes du matin, les horaires tournants et le travail de nuit dérèglent le rythme circadien comme jamais un horaire de bureau ne le fait. Il lui prend de l'eau, parce que transpirer pendant un poste de huit heures dans un entrepôt ou sur un chantier de toiture en été crée un déficit hydrique qu'un employé de bureau ne connaît jamais. Il use les articulations et les tissus mous, parce que soulever, attraper, pivoter et rester debout sur du béton de façon répétée provoque les tensions et micro-lésions qui finissent par devenir les problèmes de dos et d'épaules à l'origine des absences et des arrêts de longue durée sur le terrain. En Europe, environ trois travailleurs sur cinq déclarent des troubles musculo-squelettiques, le problème de santé lié au travail le plus courant. Et il a un coût psychologique facile à manquer depuis un bureau : moins d'autonomie, plus de fatigue physique au moment de rentrer retrouver les responsabilités familiales et, dans beaucoup d'équipes de terrain, un vrai stress financier en toile de fond.

Alors, inversez la logique. Là où le programme de bureau dit « bougez plus », le programme de terrain devrait dire « récupérez mieux ». Des défis sommeil plutôt que des défis de pas. L'hydratation pendant le poste. Des routines d'étirement et de mobilité ciblant les contraintes répétitives propres au métier. Des pratiques de pleine conscience ou de gratitude qui prennent cinq minutes en salle de pause. Rien de tout cela n'est plus doux ou moins sérieux qu'un programme de remise en forme. Pour cette population, c'est le programme de remise en forme : ce qui change vraiment la façon dont leur corps se sent à la fin de la semaine.

Une nuance mérite d'être précisée. Un défi de pas pour une équipe d'entrepôt n'est pas inutile : il remplit simplement une autre fonction que celle que vous imaginez. Un préparateur qui fait déjà 20 000 pas, près de trois fois plus que l'utilisateur moyen de YuMuuv, ne marchera pas davantage à cause d'un défi ; vous récompensez le travail qu'il fait déjà, vous ne changez pas un comportement. Cela peut quand même valoir la peine, pour des raisons que nous verrons plus loin, mais soyez lucide. Si l'objectif est la reconnaissance et la fierté, comptez les pas. Si l'objectif est un comportement de santé qui change vraiment, lancez le défi sommeil.

Ce qui marche en pratique

Commencez par l'accès, car sans lui, tout le reste échoue. Les salariés sans bureau n'ont généralement ni e-mail professionnel, ni ordinateur portable fourni, ni bureau près duquel afficher un poster. En revanche, ils ont presque toujours un smartphone personnel. Un programme de bien-être qui vit dans une application légère sur ce téléphone peut toucher aussi bien un entrepôt de distribution dans l'Ohio qu'une surface de vente à Manchester. Les défis à saisie manuelle sont essentiels ici : noter des verres d'eau, des heures de sommeil, des minutes d'étirement ou une séance de pleine conscience ne demande rien d'autre que le téléphone déjà dans la poche. Pas d'objet connecté, pas d'ordinateur, pas de ticket informatique. Ceux qui possèdent une montre ou un bracelet d'activité peuvent le connecter, mais le programme ne doit jamais le supposer : dans de nombreuses équipes de terrain, les objets connectés sont loin d'être universels, et demander aux gens d'acheter du matériel pour participer est une forme d'exclusion silencieuse.

Soyez aussi attentif à la logique BYOD (« apportez votre propre appareil »). Vous demandez aux gens d'installer une application liée au travail sur leur téléphone personnel, et les salariés de terrain se méfient souvent, à juste titre, de tout ce qui ressemble à de la surveillance. Dites clairement ce que l'application voit et ne voit pas, gardez la participation clairement volontaire et proposez des formats où les chiffres individuels ne sont pas mis en avant, comme des objectifs collectifs ou des moyennes d'équipe. Avec cette population, la confiance est tout, et elle se gagne dans les détails.

Ensuite, organisez les défis autour d'équipes qui reflètent la façon dont le travail de terrain est réellement organisé : par site et par poste. Un défi entre l'équipe de jour et l'équipe de nuit, ou entre les entrepôts de Memphis et de Rotterdam, s'appuie sur des identités que les gens ont déjà et sur des rivalités qu'ils apprécient déjà. Utilisez un classement d'équipe à la moyenne plutôt qu'au total, afin qu'une équipe de nuit de quinze personnes puisse affronter équitablement une équipe de jour de quarante, et un petit dépôt un grand. Les moyennes envoient aussi le bon message culturel : la participation de chaque personne fait bouger le score de l'équipe, pas seulement celle des plus sportifs.

La communication doit elle aussi changer de forme. Aucun e-mail à tout le personnel n'atteint le terrain. Les canaux qui fonctionnent sont ceux sur lesquels les opérations de terrain reposent déjà : le briefing de début de poste, l'écran de la salle de pause, la cheffe d'équipe qui mentionne le défi en début de journée. Embarquez d'abord les chefs d'équipe : s'ils participent, leurs équipes suivent. Et évitez tout ce qui est programmé. Un cours à l'heure du déjeuner, une marche collective à 17 h, un webinaire en direct : chaque événement à heure fixe exclut ceux qui sont en poste à ce moment-là, et dans une activité qui tourne 24 h/24 et 7 j/7, il y a toujours quelqu'un. Les défis qui se cumulent chaque fois que la personne adopte le comportement (un verre d'eau à 3 h du matin compte autant qu'un verre à midi) sont le seul format qui traite toutes les équipes de la même façon.

Enfin, ne sous-estimez pas la dimension sociale. Les équipes de terrain sont souvent réparties sur des sites et des horaires qui ne se croisent jamais. Un chat de défi partagé (le cercle d'étirements de l'équipe de nuit, la marche des chauffeurs à l'aire de repos, l'alignement de gourdes de l'équipe du mardi) devient un tissu conjonctif entre des personnes qui portent le même uniforme mais ne se sont jamais rencontrées. Pour les organisations de terrain dispersées, cette visibilité vaut presque autant que les comportements de santé eux-mêmes.

La fierté en jeu

Voici ce que le bien-être pensé pour le bureau rate complètement. Quand une entreprise lance un défi de pas et que l'équipe de l'entrepôt découvre qu'elle bouge trois fois plus que le siège, il se passe quelque chose qu'aucune enquête d'engagement ne mesure. Ceux dont l'effort physique est d'ordinaire invisible sur tous les tableaux de bord de l'entreprise ont soudain un chiffre, et ce chiffre dit que ce sont eux qui font avancer l'entreprise, à la force des jambes. Le siège en plaisante dans le chat. L'équipe de l'entrepôt affiche l'impression du classement en salle de pause.

C'est une histoire de culture qui vaut la peine, et c'est pourquoi la nuance évoquée plus haut sur les défis de pas joue dans les deux sens. Non, un défi de pas ne changera pas le comportement d'un préparateur. Mais un défi de mouvement à l'échelle de l'entreprise, où les équipes de terrain dominent visiblement, est un moment de reconnaissance : l'une des rares occasions où l'organigramme s'inverse et où le terrain passe devant le bureau de la direction. Organisez-le une fois par an exactement pour cette raison, et consacrez le reste de l'année aux défis de récupération pour les bénéfices santé.

Calendrier : lancez après le pic, pas pendant

Le calendrier compte davantage pour les activités en postes que pour les bureaux. L'été est la saison du chaos (remplacements pendant les congés, intérimaires, pics d'activité dans la logistique et l'hôtellerie-restauration), et les semaines qui précèdent les fêtes apportent le pic de fin d'année, quand les entrepôts et les magasins sont trop occupés pour quoi que ce soit de nouveau. Tout programme lancé dans ce tourbillon passe inaperçu. Les fenêtres qui marchent sont les périodes calmes après un pic : septembre, quand les plannings se stabilisent et que les mêmes équipes retrouvent les mêmes postes, et fin janvier ou février, après le rush des fêtes. Un défi hydratation ou sommeil de quatre semaines dans l'une de ces fenêtres, relayé lors des briefings de poste et présenté sous l'angle de la fierté site contre site, touche les gens au moment où ils ont la disponibilité d'esprit pour dire oui.

Toucher le terrain avec YuMuuv

Si cela décrit vos équipes, les exigences pratiques sont celles présentées ci-dessus, et c'est autour d'elles que YuMuuv est conçu. Le sommeil, la consommation d'eau et la pleine conscience sont des activités à saisie manuelle dans la liste des activités des défis qui fonctionnent sans aucun objet connecté, et les routines d'étirement peuvent prendre la forme d'une activité personnalisée. Les pas se synchronisent automatiquement pour ceux qui le souhaitent. Les classements d'équipe peuvent être calculés à la moyenne, pour que des équipes et des sites de tailles différentes s'affrontent équitablement, et le chat du défi, avec photos et vidéos, atteint le terrain plutôt que la boîte mail.

Des entreprises industrielles et logistiques organisent déjà leurs défis de cette façon : découvrez comment DHL s'y est pris, et comment 3M Gulf a à peu près doublé la participation par rapport à l'année précédente. La plateforme ne réparera pas un programme conçu pour des bureaux, mais si vous concevez pour ceux qui travaillent debout, elle vous donne les outils pour les toucher.

Vous avez des équipes de terrain ? Réservez une démo YuMuuv et nous vous montrerons comment mettre en place des défis site contre site et équipe contre équipe.

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